Une nouvelle vie

Rédigé par Argan - - aucun commentaire

 

6 juin 1944 6h30, secteur, Dog Green, Omaha Beach.

– Ils arrivent ! crie un de mes compagnons.

Je m’appelle Otto Von Shieg, j’ai 22 ans. Je suis un soldat allemand chargé de défendre la plage d’Omaha Beach. Je suis posté sur une petite mitrailleuse prête à repousser les soldats américains qui vont bientôt arriver. Je suis à côté de mon meilleur ami, Emmanuel. Avant la guerre, on n’était que des jeunes gens insouciants. Mais là, c’est du sérieux. Il ne faudra pas hésiter à tirer et à tuer l’ennemi pour défendre notre territoire.

– Hé Otto ! T’aurais pas une cigarette ? me crie Emmanuel.

– Non désol...

Tout d’un coup, j’entends crier mon caporal avertissant qu’ils sont là !

– Fire !!! Tactactactac !

Toutes les mitrailleuses commencent à tirer. Je suis terrifié. Devant moi, des centaines d’ennemis débarquent et se font déchiqueter par les balles. La plage semblait imprenable.

 A un moment, mon doigt tremblant, tire et tue un jeune gars d’à peine dix-huit ans. Je n’en reviens pas mais mon pote lui, semblait heureux. Je ne le comprends pas. Après plus de trois heures à tirer sur des ennemis les munitions se font rares.

Soudain, j’aperçois un groupe de soldats américains qui nous tire dessus. Heureusement pour moi, Manu était là. Il lance une rafale de mitraillette qui terrasse la petite troupe.

Moi de mon côté, je tire… Je tire dans le vide, bien sûr ! Les américains percent alors notre défense et commencent à nous tailler en pièce ! Beaucoup d’ennemis sont déjà morts. Ils n’ont toujours pas compris ! Je n’ai plus le choix je dois les viser pour tenter de survivre. Cela fait deux heures que je tue et je ne comprends plus. Je regarde Manu et là, stupeur ! Il me dit :

– On va s’en sortir t’inquiète pas ! 

 Il prononce ces mots, juste avant de se faire foudroyer par une balle ennemie.

– Non !!!!!! 

 Mon meilleur ami, ce n’est pas possible ! Je me relève. J’aperçois une grenade qui tombe sur mon abri. Au dernier moment  j’arrive à la relancer. Cette dernière tue deux ennemis. Derrière eux, je ne vois qu’une seule chose, des corps. La mer est devenue rouge tellement qu’il y a de sang.

– Boum !

Un obus de mortier éclate devant moi et me blesse à la jambe.

– Argggg !!! ! Vous ne prendrez jamais la plage ! 

 À peine ma phrase terminée que plusieurs tirs viennent s’écraser sur mon Bunker. « Heureusement que ces nuls visent comme des pieds ! » me dis-je dans ma tête. Je reste immobile sur le sol quand un feu se déclare dans mon abri. La fumée m’envahit, m’affaiblit, je n’en peux plus ! Mais à un moment, par je ne sais quel miracle, j’arrive à trouver la force. Je réussi à éteindre le feu grâce à une petite poche d’eau.

– Ouf, sauvé… me dis-je.

Quand je sors, trois américains d’une trentaine d’années m’ordonnent de me rendre. Ils me fouillent mais ne trouvent rien. Ils décident de m’emmener vers la ville la plus proche.

Là-bas, tout le village me reconnait, surtout les personnes qui m’avaient accueilli. Les soldats me livrent aux résistants. L’un d’entre eux, le plus jeune, veux me tuer ! Heureusement qu’une bande d’enfants, que je connaissais bien, l’empêche de m’exécuter.

– Thomas ! J’ai dit qu’on ne touche pas aux prisonniers ! 

C’était Gwen un  résistant très courageux.  Lui et ses enfants, je ne les remercierai jamais assez !  Grâce au maire et à Gwen, j’ai pu éviter la prison militaire et rester dans une petite ferme. J’aime beaucoup ma nouvelle vie, mais je pense beaucoup à Manu. Ils feront sans doute un cimetière allemand. Cela fait plus d’un an que je vis à la ferme et Gwen est devenu mon meilleur ami.

– Otto ? C’est comment l’Allemagne ? me demande Gwen

– Oh ! Oh ! Moins beau qu’ici ! lui répondis-je.

Un bon vent soufflait sur la Normandie. Je m’appelle Otto Von Skieg, j’ai 23 ans à présent. Gwen est un type super, il a 35 ans. Sa femme et ses deux enfants sont lumineux et très joyeux malgré la guerre. Chaque année, je vais voir les tombes de mes amis morts sur les falaises d’Omaha Beach.

« Gwen ! Otto ! Venez, il y a une fête au village ! Le dernier qui arrive est une poule mouillée ! crie-t-il.

Que la France est belle…

Nathan le 12/12/2016.

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